Shunka Sapa

Publié le par SaLmiagondis



A l'endroit ou se rencontre la prairie et les Maka Sicha, les Badlands, il existe une grotte secrète.

Personne n'a jamais réussi à la trouver...

Même aujourd'hui, avec toutes ces autoroutes, toutes ces voitures et tous ces touristes, les avions, les hélicoptères, les radars, personne ne l'a découverte.

Dans cette grotte, il y a une vieille femme. Si vieille, que son visage ressemble à une noix toute ridée.
Elle est vétue de peaux, comme avant l'arrivée des blancs.
Elle est là depuis plus de mille ans...

Elle confectionne une grande couverture, dans une peau de bison, qu'elle décore de piquants de porc-épic.
Elle à commencé son ouvrage depuis plus de mille ans.
Avec ses vieilles dents usées, usées jusqu'à la gencive, elle applati les piquants de porc-épic.
C'est un long, très long travail  ...


Assis tout droit, juste derrière elle, se tient un énorme chien noir : Shunka Sapa !
Et jamais il ne l'a quitte des yeux.

A quelques pas de la vieille femme, à l'entrée de la grotte, il y a un feu qui brûle nuit et jour. Elle a allumé ce feu
il y a plus de mille ans et depuis, elle ne l'a jamais laissé s'éteindre.

Au dessus du feu est suspendu une grosse marmite en terre...

Dans cette marmite, il y a du wojapi qui cuit à gros bouillons.
Le wojapi, c'est une sorte de compote de baies rouges sauvages, bonne et sucrée.
Et cette compote bout dans la marmite depuis que le feu a été allumé.
De temps en temps, la vieille femme doit se lever pour aller tourner le wojapi  pour qu'il n'accroche pas au
fond de la marmite.
Elle prend une grande cuillère en bois et elle tourne plusieurs fois, avec de grands gestes.

Elle est si vieille et si faible qu'elle met beaucoup de temps à se lever et à aller jusqu'au feu en claudiquant.
C'est alors que, dès qu'elle a le dos tourné, le grand chien noir se lève et très doucement sans faire un bruit s'approche de la couveture en piquants de porc-épic...
Et, délicatement, entre ses dents, il enlève un a un les piquants que la vieille femme à tissé depuis la
dernière fois qu'elle s'est levée.
C'est pourquoi son travail n'avance jamais...


Chez les Sioux, on dit, que le jour ou elle aura achevé son ouvrage...








Ce sera la fin du monde...




conte Sioux White River : source l'Oiseau Tonnerre et autres histoires - Richard Erdoes et Alfonso Ortiz

Publié dans contes et poèmes

Commenter cet article