feux tricolores

Publié le par SaLmiagondis

9 heures du matin au feu rouge.

Certains jours elle remonte la file de voitures arretées, son écriteau à la main.

Les autres jours c'est lui.

Elle, autour de la quarantaine, peut-être moins, peut-être plus, les épreuves de sa vie ?  

Lui, la soixantaine bien tassée sans aucun doute, soixante dix ans très probablement.

Sérieuse, une certaine classe dans sa démarche, un accent.

Méthodiquement elle passe devant chaque véhicule sans insister.

Lui aussi n'insiste pas. Il ressemble à ces vieux paysans que l'on croise encore sur les marchés locaux.

Elle dit dormir dans un foyer. Lui ?

Rien ne coute de baisser la vitre, donner une pièce, l'orange ou la pomme de la pause de l'après midi, engager la conversation jusqu'au feu vert. C'est bon pour le karma.

Mais pour eux, la rémunération de l'effort fourni de bonne heure le matin.

Se connaissent-ils. Quel est leur passé ? Quels regrets, quels remords, quelles injustices, quels faux pas pour en arriver là ?

Cette année, février est glacial avec ses moins dix degrés . Emmitouflés dans les pulls et les blousons, le regard fatigué, les yeux brillants de fièvre, mais fidèles au poste pour une vie au jour le jour. 

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