Avez-vous déjà entendu chanter une fée ?

Publié le par SaLmiagondis


Si un jour un ami n'avait décidé d'entreprendre un long périple autour du monde, et qu'au tout début de son voyage dans un marché d'Istanbul il n'avait entendu cette voix. S'il n'avait décidé d'envoyer à mon adresse l'enregistrement qu'il souhaitait retrouver à son retour en recommandant chaudement de l'écouter, je n'aurais peut-être pas connu Loreena Mc Kennit. Loreena est une artiste qui se découvre par un enchaînement de circonstances ou bien recommandée avec bienveillance par un ami.
Discrête, érudite, depuis 1985 reconnue petit à petit à travers le monde. Au premier abord on pense à l'Irlande, car l'ambiance celte impregne le chant. Loreena Mc Kennit est en réalité originaire du Manitoba au Canada.
La musique est un des meilleurs remèdes pour les blessures de l'âme, ici nous avons un baume parmi les plus onctueux, cicatrisant et chaleureux.
Je vous engage à visiter son site 
Quinland Road, pour découvrir l'ensemble de sa discographie ainsi que les facettes de sa personnalité et les actions qu'elle entreprend dans le domaine du sauvetage et de la sécurité nautique, ainsi que pour des oeuvres sociales.

Voici à l'écoute une adaptation du célébre poème mystique de Saint Jean de La Croix : "par une nuit obscure" qui est aussi tout simplement un magnifique chant d'amour. 
Un mélange d'influences celtes, espagnoles et marocaines.



Voici les paroles :

Upon a darkened night
the flame of love was burning in my breast
And by a lantern bright
I fled my house while all in quiet rest


Shrouded by the night
And by the secret stair I quickly fled
The veil concealed my eyes
while all within lay quiet as the dead


Chorus:
Oh night thou was my guide
of night more loving than the rising sun
Oh night that joined the lover
to the beloved one
transforming each of them into the other

Upon that misty night
in secrecy, beyond such mortal sight
Without a guide or light
than that which burned so deeply in my heart
That fire t'was led me on
and shone more bright than of the midday sun
To where he waited still
it was a place where no one else could come


(Chorus)


Within my pounding heart
which kept itself entirely for him
He fell into his sleep
beneath the cedars all my love I gave
From o'er the fortress walls
the wind would his hair against his brow
And with its smoothest hand
caressed my every sense it would allow

I lost myself to him
and laid my face upon my lover's breast
And care and grief grew dim
as in the morning's mist became the light
There they dimmed amongst the lilies fair
there they dimmed amongst the lilies fair
there they dimmed amongst the lilies fair


Et voici une traduction du texte de Saint Jean de la Croix

1. Par une nuit obscure,
enflammée d'un amour plein d'ardeur,
ô l'heureuse aventure,
j'allai sans être vue
hors de ma maison apaisée.

2. Dans l'obscur et très sûre,
par l'échelle secrète, déguisée,
ô l'heureuse aventure,
dans l'obscur, en cachette,
ma maison désormais apaisée.

3. Dans cette nuit heureuse,
en secret, car nul ne me voyait,
ni moi ne voyais rien,
sans autre lueur ni guide
sinon celle qui en mon cœur brûlait.

4. Celle-ci me guidait,
plus sûre que celle de midi
au lieu où m'attendait,
moi, je savais bien qui,
à un endroit où nul ne paraissait.

5. Ô nuit qui a conduit,
ô nuit plus aimable que l'aurore,
ô nuit qui a uni
l'ami avec l'aimée,
l'aimée en son ami transformée.

6. Contre mon sein fleuri
qui entier, pour lui seul, se gardait,
il resta endormi,
moi je le caressais
et l'éventail des cèdres l'éventait.

7. L'air venant du créneau,
quand mes doigts caressaient ses cheveux,
avec sa main légère
à mon cou me blessait
et tenait en suspens tous mes sens.

8. En paix je m'oubliai,
le visage penché sur l'ami.
Tout cessa, je cédai,
délaissant mon souci,
parmi les fleurs de lis oublié
.

Publié dans Musique

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